Le salon est prêt pour la suite. La structure est faite. Il reste quelques petits détails au niveau des ouvertures.
On commence par poser la laine de coton lin et chanvre. Une épaisseur de 12 cm entre la contre cloison et les murs extérieurs, puis 6 cm entre les lambourdes. Aux encadrements, du liège est utilisé pour les petites épaisseur (2 cm).
La douceur du printemps est là, on va pouvoir reprendre la chaux. C’est au tour de la voute de se parer de chaux chanvre. En cherchant des conseils de maçon, je rentre en contact avec un pote de l’électricien, qui veux bien répondre à mes question, qui veux bien travailler avec son client, qui a une projeteuse, et qui ne prend pas un bras à la journée ! La solution de projection semblait être la plus envisageable, c’est voilà confirmé. On prend rendez vous pour le mois de juin. Chantier complexe en perspective !
Échafaudages.
Première mission, accéder à la voute. Idéalement, il faudrait pouvoir accéder partout sans trop de modifications. L’idée se dessine de créer 4 tours espacées de 3 m (longueur des planchers), donnant la possibilité de travailler en bas de voute, et de créer un grand plancher plus haut pour travailler jusqu’à la clé.
Préparation.
D’abord, gratter et faire tomber tout ce qui est fragile, dépoussiérer.
Structure.
J’avais commencé la structure des mois auparavant mais arrêté en raison du proche chantier de la chape. Je ne voulais pas échafauder et devoir tout recommencer. Cette phase est délicate car il faut redessiner les courbes sur une voute déformées. La solution a été de construire progressivement la structure, de la fixer sommairement, et d’ajuster « visuellement » au fur et à mesure de la construction.
Je me suis méchamment foulé le pouce de la main droite aux trois quarts de la structure. 1 semaine de pause débroussailleuse (sans pouce, en fait, ça va, alors que percer, fixer, tenir… non.)
Il faut aussi traiter la suie et structurer le haut des pignons, et finir l’arche du passage vers l’Est.
Protections.
On emballe tout ce qui a besoin d’être protégé dans du plastique ! Avec du joli scotch orange. J’adore…
Projection.
… Ça ne va pas tout à fait se passer comme prévu. La projection se passe pas trop mal en matinée, et la machine qui prépare la chaux commence à déconner. L’après midi va être occupée à tenter de faire marcher la machine, en consommant beaucoup de (ma) chaux, et sans résultats ! Le stress ! Vers 16h, je préfère dire au maçon qu’on arrête là, je le paie au cubage projeté, je vais trouver une autre solution.
Grosse déception après tous ces préparatifs… Je me tape le covid.
La voute devait être faite pour l’anniversaire de Lise. On va quand même faire propre pour l’occasion.
Il commence à faire trop chaud pour la chaux. Je ne sais pas comment finir cette voute…
En attendant les température clémentes du printemps, et reprendre le chantier chaux :
nettoyage et ré-organisation de l’atelier, maçonnerie du cadre de sa porte, réglage de la machine à bois, affutage des outils, et branchement de l’aspirateur à copeaux.
Machine opérationnelle, je modifie une porte pour l’installer dans la chambre Ouest.
Je passe à l’étage, finir l’isolation et poser le pare vapeur dans la chambre Ouest. Comme le pare vapeur n’était pas prévu, il faut (encore) démonter les liteaux.
Je commence par les rampants.
Il faut reprendre la carde de la petite fenêtre.
Et finir celui de la grande.
Pose du pare vapeur sur les murs, et repose des liteaux.
Il restera un peu d’électricité et cette pièce sera prête à plaquer !! 🙂
On commence par les cadres des contre cloisons et le plafond. La technique est déjà éprouvée. Les contre cloisons sont faites en lambourdes de douglas de 60*40mm. Les supports du plafond (50*28mm) sont fixés par l’intermédiaire de liteaux (eux même fixé au coffrage du plancher) et de cales.
Ensuite, on traite les ouvertures comme on peut et on finit de remplir les cadres…
J’aurais bien voulu finir cette pièce mais le mur Nord, rattrapé au chaux-chanvre, n’est pas super sec. Difficile d’enfermer les panneaux isolants derrière le pare vapeur.
Finir le salon aurait pu me permettre de faire la chape de compression de la chapelle et du salon. Sol moins fragile pendant le chantier de la voute, mais temps de séchage à prendre en compte…
Après quelques hésitations, je décide de passer à l’étage, finir la chambre Ouest.
Puisqu’on ne peut économiquement pas faire du chaux-chanvre (la rolls) partout, on isole par membrane (placo ou fermacell) avec des panneaux isolants (bio ou pas). Dès lors, nous devons protéger nos chers matériaux isolants de la condensation, source d’emmerdes assurées… Heureusement, le pare-vapeur est là !
Je le redis, c’est jusqu’ici la plus grosse leçon, pour moi, de ce chantier. Il faut protéger des matériaux isolants « biologiques » avec du … plastique !
Bref…
En hiver, l’humidité intérieure va chercher à migrer vers l’extérieur. L’intérieur est chaud, et l’extérieur froid. Si la cloison intérieur laisse passer plus d’humidité que le mur extérieur, l’humidité va se condenser au point de rosée, à la rencontre du chaud et du froid, dans le mur. Les pathologies sont alors multiples et déplorables pour l’habitat, et ses habitants.
Le pare vapeur est nécessaire ! Ben merde !
Bon, j’avais déjà fait la toiture et le mur Nord de l’étage à l’Est, un peu honteux. Du coup, je n’ai pas de photos… On ne fait plus de chaux à cause du froid.
Encadrements.
Je termine les encadrements.
Pare vapeur.
J’applique le pare vapeur sur les murs Est et Sud.
Pignon.
Je fini ce chantier en traitant le mur pignon, isolation laine de coton, lin, chanvre avec pare vapeur de part et d’autre de la cage d’escalier. Je remonte la structure des cloisons (que je devais démonter pour appliquer le pare-vapeur).
Je structure le reste du mur en vue de recevoir une petite épaisseur de chaux-chanvre et je redessine la courbe de l’arche (pas très régulière) de l’ouverture, que je finirai en même temps que la voute…
Les murs extérieurs sont structurés avec des lambourdes 40*60 et recevront entre 15 (au Sud) et 20cm (au Nord) de béton. Il me reste à structurer les murs pignons qui recevront une petite couche de 5 cm (correcteur thermique), à monter les derniers boitiers électriques, l’extracteur de la cuisine, et à mettre au propre les sorties pour l’échangeur du poêle.
Application
On va (avec l’aide de Lise) d’abord s’attaquer au Nord, en traitant en même temps, le mur extérieur et les pignons. On utilise toujours la technique du banchage. Sur le mur extérieur, on utilise des entretoise pour noyer la structure dans le béton. Sur les pignons, on visse directement les banches sur la structure, et certaines parties sont remplies à la main en raison du manque d’espace pour glisser la matière ou la tasser.
On passe au Sud. Idem sauf que c’est un peu moins épais sur le mur extérieur, et plus simple parce qu’il y a beaucoup moins d’éléments dans le mur.
On va s’arrêter à l’amorce du bout de structure de la voute (qui n’est qu’un essais). J’avais mis en pause à cause de la passerelle, et c’est très bien tombé car j’aurais été bien embêté pour faire les murs dans une chapelle pleine d’échafaudages. Les températures chutent et le travail de la chaux va vite être compromis. Je choisis de finir la saison avec les pignons du salon. On échafaudera et reprendra la structure de la chapelle pour le printemps…
La salon.
On traite le pignon coté salon, comme du côté de la chapelle. Structure légère pour appliquer environ 5 cm. Ça permet de corriger les ponts thermiques en coupant le phénomène des parois froides. En prenant mes repères dans la pièces, je me suis rendu compte que le mur Nord était très irrégulier du côté de la chapelle. En faisant au plus juste avec les laines isolantes, on se serait retrouvé avec une épaisseur trop juste au minimum. On va rattraper le mur en chaux chanvre pour combler le manque. L’isolation en laine viendra s’ajouter à la reprise, on ne lésine pas avec les murs Nords ! 😉
Vous pouvez maintenant me suivre sur youtube. Vous trouverez ici l’étape de ce chantier détaillée en vidéo.
On est mi Novembre, j’ai l’impression que la maison bascule dans son inertie froide; certains jours, il fait plus froid dedans que dehors. Je crois bien que c’est le dernier chantier chaux de l’année… On va faire autre chose.
En attendant que la chape soit assez sèche (minimum 3 semaines, séchage complet environ 1 an), je rallume la bétonnière pour isoler la petite salle d’eau du Rez de Chaussée. La structure est prête, la plomberie aussi, et l’électricité passera par le plafond et les cloisons. Je traite ce coin en chaux liège car ces murs sont sujets à l’humidité par l’extérieur, et l’intérieur.
Electricité.
Encore un peu de préparation dans la chapelle avant de commencer l’isolation du mur Nord. Je pose encore quelques boitiers électriques et fixe correctement les gaines.
Mur nord de la chapelle.
Toujours pour des raisons (de risque) d’humidité, je traite le bas du mur en chaux liège jusqu’au plan de travail où se trouvera l’évier. Je banche avec de l’osb, en utilisant des vis comme entretoise. Le béton enveloppera entièrement la structure à l’exemption des montants horizontaux sur lesquels seront fixés les meubles de la cuisine.
3 jours de boulot pour monter 90cm. Remplir derrière la banche, entre les gaines et les tuyaux, n’est pas toujours aisé. Plus on monte et moins il devrait y avoir de bazar… En tout cas, ça fait un bon coup de propre ! 🙂
Je suis bien vexé d’avoir survolé la question du pare vapeur ! Pourtant, plusieurs fois, on m’a posé la question, et je disais non non, avec du fermacell, pas besoin… pfff ! Pendant que la chape sèche, j’ai fini par faire des recherches sérieuses et trouver déconvenue. Il semblerait bien que le fermacell ne soit pas beaucoup plus étanche que le placo, et que la vie dans nos maisons moderne produise beaucoup d’humidité. Maintenant qu’elles sont isolées (par l’intérieur), on emprisonne l’eau (qui condense au contact des mur extérieur) dans les parois, créant ainsi des pathologies diverses et variées. La grande leçon de ce chantier est là pour moi. Point de rénovation écologique avec des matériaux « biosourcés » puisqu’ils contiennent très souvent du polyester, et que pour les protéger dans le temps, il faut ajouter du plastique, du mastic, et du scotch… Cette technique fragile et peu réparable est sans doute assez peu pérenne et génèrera des déchets. Bref, tout ça pour ça 🙁 En tout cas, c’est lancé, on va au bout de notre connerie, je commence à poser un pare vapeur variable qui freinera une grande partie d’humidité en hiver, lorsqu’elle condense au contact du mur froid et qui la laissera passer en été, laissant sécher les murs. Je ne suis pas très motivé, je vais le faire par étapes…
Démarrage du gros et long chantier chaux, dans la chapelle. Ça fait tellement longtemps que je l’ai projeté que j’ai du mal à croire que nous y sommes…
Béton de liège.
Je commence par modeler trois boudins de béton de liège, pour tester un peu la matière, et qui serviront de référence pour tirer la suite.
Le lendemain, je rachète du sable et j’organise le chantier sur la terrasse pour ramener plus facilement le béton sur place. Première grosse journée seul. 14 bétonnières pour couvrir environ 7m2. La préparation du béton est l’étape la plus chronophage, pas besoin donc d’être plus que deux.
Fin de la chape en liège. Couverte par du plastique pendant 4 jours pour ralentir la prise de la chaux. Après, on ventile. La partie « inondable », autour de l’évier, est faite en béton de liège car il est imputrescible. Le chanvre est plus efficace et économique mais souffre en cas de dégâts des eaux.
Béton de chanvre.
Je continue la chape, en chaux chanvre cette fois-ci, depuis le fond du salon. Même technique des boudins de référence, et remplissage entre ces derniers. Tout en se rapprochant de la sortie… Toujours couvert les 4 premiers jours pour ralentir le tirage/séchage de la chaux (nous sommes en septembre, il fait encore chaud)
J’achète un peu de châtaigner
Je découvre la salon et poursuis dans la chapelle…
Ca se termine, après une centaine de bétonnières.
Et on découvre 4 jours plus tard… Chape finie, ça fait du bien ! 🙂